Bâtiment bas carbone, retour d’expérience de l’usine Cyprès – Bodynature

Retour d’expérience sur un batiment usine bas carbone, Cyprès, de Bodynature

Depuis 1972, l’entreprise familiale a évolué et le BET ECIC a eu l’occasion de l’accompagner dans le cadre de l’intégration des enjeux carbone au sein de l’entreprise. Nous avons notamment réalisé le bilan carbone de l’entreprise, ainsi que des Analyses de Cycle de Vie de produits Bodynature.

Lorsque l’entreprise a agrandi son outil de production, elle a fait appel à ECIC pour évaluer l’impact carbone du projet, sa comparaison avec un scénario de référence, et les moyens de l’améliorer encore plus.

Après quelques années d’exploitation, retour d’expérience sur ce bâtiment très vertueux : l’usine Cyprès.

La genèse d’un projet vertueux

Projet immobilier écologique d’envergure, CYPRES plante ses racines dans le sol des Deux-Sèvres, à Nueil les Aubiers (79), au siège du Laboratoire Body Nature. Avec un investissement de plus de 6 millions d’euros, l’entreprise a signé un fabuleux pari sur l’avenir en construisant une usine de production de cosmétiques écologiques.

Le projet après réalisation

Les efforts environnementaux

Plusieurs axes de travail ont été mis en œuvre pour le bâtiment : architecture, performance, énergies renouvelables, matériaux biosourcés. Le tout en cohérence avec l’ensemble du site.

  • La structure du bâtiment, conçue avec des biomatériaux notamment le bois, met au cœur du projet le recours aux énergies renouvelables.
  • Production d’électricité et d’eau chaude grâce à l’énergie solaire.
  • Chauffage par biomasse avec une chaudière à bois (alimentée en partie au Miscanthus produit localement).

La charpente, phase de mise en œuvre, puis après pose

La partie laboratoire est recouverte d’une toiture végétalisée, garantissant l’isolation et une meilleure régulation thermique, tout en préservant la biodiversité.

La toiture en Shed, formes de vagues angulaires largement utilisées au début du XXème siècle dans la construction des usines, permet un excellent éclairage naturel (orientation Nord) et le positionnement judicieux de panneaux photovoltaïques (orientation Sud).

Schéma de la toiture en SHED, favorisant l’éclairage naturel

L’implantation a également été largement étudiée afin d’intégrer parfaitement cette nouvelle structure au cœur du domaine écologique de 35 hectares comprenant des cultures de plantes en biodynamie, des espaces boisés et des prairies. La topographie du terrain, l’orientation bioclimatique et l’étude géobiologique ont déterminé l’emplacement exact de la structure.

Les travaux de voirie, de stabilisation du sol comme les fondations font appel à de nouvelles techniques privilégiant l’amendement des sols plutôt que l’apport total de matériaux de stabilisation.

Résultat : beaucoup moins de rotation de camions lors du chantier et un bilan carbone allégé.

Travaux de terrassement

Même dans le financement, la volonté écologique du Laboratoire reste cohérente puisque la NEF, leader du financement solidaire et OSEO financement, partenaires de longue date du Laboratoire Body Nature, ont été impliqués.

Bilan énergétique et carbone du projet

La consommation de miscanthus pour la chaleur est bien sûr variable selon les années et en 2015, environ 90 tonnes de miscanthus et 500 tonnes de plaquettes de bois ont été consommés.

Soit une économie de gaz à effet de serre de 650 tCO2e par an par rapport à une solution gaz.

La consommation en électricité du bâtiment CYPRES est estimée à 650 MWh.

Une partie de cette électricité est assurée par une production photovoltaïque, qui assure environ 100 MWh/an, soit un taux de couverture de l’ordre de 15% de la consommation électrique du site. Le reste de l’électricité est acheté via un contrat qui en garantit l’origine renouvelable.

La chaufferie biomasse qui alimente l’ensemble du site, une partie du combustible est produit localement.

Les émissions de gaz à effet de serre de la construction du bâtiment ont été de 3 800 tCO2 équivalent.

  • 520 tCO2e ont pu être économisées grâce à la mise en œuvre de la charpente bois
  • 370 tCO2e ont pu être économisées grâce au traitement du sol à la chaux en lieu et place d’une solution granulaire
  • 50 tCO2e seront économisées sur 30 ans grâce à l’éclairage naturel favorisé par la toiture en SHED.
  • La production d’eau chaude solaire, lorsqu’elle est disponible, assure environ 200 MWh, soit une économie annuelle de l’ordre de 50 tonnes de CO2e par rapport à une production au gaz.

Les choix constructifs ont ainsi permis de réduire de 23% l’impact carbone de la construction du site par rapport à un bâtiment conventionnel.

Le traitement des eaux usées se fait par phytoépuration (traitement grâce à des plantes).

Le bilan carbone de la construction du bâtiment se ventile selon les postes d’émissions suivants :

Postes d’émissions Pourcentage de chaque poste*
Energie 1 5 %
Hors énergie 1 3 %
Intrants 82 %
Fret 6 %
Déplacements 3 %
Déchets directs 0 %
Immobilisations 0 %
TOTAL 100 %

Grâce à sa production de chaleur biomasse et à ses efforts environnementaux, sur 30 ans, le bilan carbone du bâtiment est presque 4 fois inférieur à celui d’un bâtiment «conventionnel ».

Conclusion

Au moment où Bodynature s’est lancé dans le projet on ne parlait pas encore de bâtiment bas carbone, mais clairement celui-ci était et est en avance sur son temps ! L’impact bas carbone est de plus en plus important dans la construction, puisqu’il est à la base de la nouvelle réglementation thermique et environnementale, la RBR 2020 (réglementation bâtiment responsable 2020). Au-delà de l’aspect vertueux, et prochainement obligatoire, la performance environnementale doit d’ores et déjà être prise en compte dans toute construction ne serait-ce que conférer une valeur immobilière.

Ce projet et nos compétences ont permis d’illustrer le cahier technique du batiment du Moniteur dédié à l’Analyse de Cycle de Vie des bâtiments.

Cet article a également été publié sur le site xpair.com ainsi que sur Contruction 21.org

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